Le monde a une fin

Écrit pour Kaléï­do­plumes le 03 juillet 2011 :

Je suis enceinte ou je meurs. Le monde divague dans mon regard vague, vague a l’âme. Des nau­sées pour hori­zon dans un esprit borgne, morne. Au bord de l’abîme comme une ravine creuse mon humeur et mes humeurs. Au bord des lèvres une envie de vomir tous les jours, chaque heure, chaque minute, contre moi, contre-jour d’une plon­gée vers l’inutile, le tré­fonds de mon âme, coquille vide. Le bruit du RER monte a l’assaut de ma bulle de sur­vie comme une marée noire sur les plumes d’un alba­tros en blanc et noir.

Je zig-zag entre les lignes, aveugle au monde qui m’entoure, un pas après l’autre, un pas devant l’autre entre deux îlots de bon­heur sans carte ni bous­sole et je jette mes mots comme de petits cailloux de rico­chets sonores en échos au bruit ambiant.

Il fait beau, chaud, très chaud et je trans­pire mes idées noires à tra­vers chaque pores d’un esprit fan­tôme, dame blanche, dame noire, un pion, une case, cava­lier sur fou en d7 ou l’inverse quand le roi devient fou.

La toile est noire et la nuit blan­chi mes che­veux, mais bien­tôt arri­vera la fin, une fin bien heu­reuse. fin d’une série noire, rayon de soleil après la pluie, par­fum léger après l’orage. Après l’été, enfin l’automne et ses vents frais, ses rouges brun et ocre, les rai­sins de la colère et les pommes de dis­cordes s’assagissent devant la sauge et le cycla­men. Enfin peut-être pour un autre renou­veau, renaître, revivre ou dis­pa­raître un jour, une nuit, entre chien et loup.

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Pause inter­dite

Elle attends de bonne heure
le relevé de comp­teur
C’est écrit, entre neuf et douze heure
réveillée à huit heure

Après une nuit trop courte
Un robe de nuit pas trop courte
Elle attend et s’ennuie
Avant de reprendre sa nuit

Rejoindre ses songes d’amant
Par trop aimant
Sous sa robe de nuit
Elle trompe l’ennui

Quand un coup de son­nette
entre ses jambes, tout net
la sur­prend
Un homme attend

Elle ouvre au pré­posé
En oubliant sa tenue osée
De ce décol­leté indis­cret
Il aime­rait tou­cher les secrets

Mais aux chefs moins tendre
Les rele­vés il doit rendre
De se sein menu
Il n’en verra pas le menu

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Déjà la fin ?

- Mais qui êtes-vous pour déci­der ainsi ?
– Je suis celui par qui tout a com­mencé.
– De quel droit …
– Du mien.
– … détruire l’humanité, appe­ler les cava­liers de l’apocalypse et déchai­ner les éléments contre cette terre que vous avez créé ? contre ces hommes qui vous ont des­si­nés à leur image ? a qui vous avez tou­jours pro­mis l’éternité ?
– Je suis Dieu et je meurs.

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Qui suis-je ?

Qui suis-je ? créé grâce à www.wordle.net

Qui suis-je à mordre la pous­sière ?
Qui suis-je à me taire éter­nel­le­ment ?
Et pour­tant que de maux et d’amertumes
Comme une petite mort.

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[…]

ciel et nuages Je m’ennuie

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Rouge et noir

Il a suf­fit d’un souffle, un long voyage, quelques secondes d’inattention …

Une masse sombre sur la droite, rec­tangle noir, dia­go­nale de chrome et sapin cli­gno­tant. Le décor est parti en tou­pie, zoo­trope irréel. Jeanne s’est repo­sée sur mon épaule, elle dort.

Quelques secondes, minutes, heu­reu­se­ment, elle ne verra pas la tôle frois­sée et l’essence qui s’enflamme. elle ne se réveillera plus.

Quelques secondes, un feu, une priorité …

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Deux sous

Ça com­mence par quelques détails anodins.

Un petit bou­ton qui sou­lève le tissu.

Puis un deuxième.

Ensuite, ce sont les aréoles qui poussent, grandissent …

Pas la moindre trait de bon­nets ou bre­telles, juste deux clins d’œil coquins avant qu’elle ne les cache sous un pull noir.

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Extinc­tion des feux

Soir d’automne, si sombre, si lugubre que la Lune s’est enfuie . Minuit, les réver­bères s’allument enfin, l’espace de quelques sou­bre­sauts sur l’entrée d’un hôtel sans nom que deux bre­telles d’autoroute aérienne main­tiennent debout. Un vent léger joue avec des lam­beaux d’affiches. quelques volutes de fumées tour­noient autour de piles de béton frais.

Deux couples d’habitués dans ce grand nul part, traînent juste assez long­temps pour les voir dis­pa­raître dans cet esto­macs à fenêtres. Der­nier flash, extinc­tion des feux. La nuit grince et claque des dents.

Le pre­mier couple passe der­rière le comp­toir vers l’ancienne cui­sine et s’embrasse gou­lû­ment en pous­sant les portes bat­tantes. Le deuxième a pris une chambre côté rien. Une veste en jean traîne sur le sol, les cas­se­roles s’entrechoquent. Un jean tombe au pied d’une gazinière.

Pen­dant ce temps dans les étages, le couple en cuir et tatouages se roule des pelles en rou­lant contre les murs. De la lumière dans une chambre, elle a tout ce qu’il faut, vieux lit au som­mier rouillé, mate­las jau­nit par le temps et quelques cafards. Le mec tombe le cuir et se laisse atta­cher au som­mier. C’est un homme, un vrai, quelques cor­de­lettes ne lui font pas peur.

La gazi­nière n’est pas très confor­table. Elles s’installent sur une table, l’une en des­sous noirs sur une peau blanche, l’autre en jean 501 clas­sique. Leurs bai­sers sont fou­gueux, mais il en faut plus. Elle com­mence à désap­per sa com­pagne quand elle tombe sur une queue. Ce n’était pas prévu au pro­gramme, elle doit fuir !

Étendu sur le lit, les bou­gies coulent en goutte à goutte sur sa peau à demi nue. Les fris­sons de brû­lures l’excite, les coups de cra­vache le font ban­der. Il est à point et décolle du lit ; il aime les femmes vigou­reuses et le whisky fre­laté lui monte à la tête. Un queue énorme lui déchire les entrailles ; ce n’était pas prévu au pro­gramme. Il réa­lise un peu tard, tra­velo, whisky dro­gué. Il sombre sous les coups de butoir.

Un mur de par­paing en guise d’issue de secours et le monstre la rat­trape par les che­veux. Elle hurle, se débat, essaie de sai­sir un cou­teau, mais le pre­mier coup de queue lui fait tout lâcher. Mur de par­paings pour issue de secours, viol au bout du par­cours. Son agres­seur la menace de la pointe du cou­teau. Elle se débat, le cou­teau plonge cou­pant le der­nier lien du sou­tien gorge. Elle s’effondre, pan­tin inanimé, un filet rouge glisse autour du galbe d’un petits sein de Bakélite.

Réveil dou­lou­reux, cou­vert de cire et de foutre. Les cor­de­lettes lui entailles les poi­gnets, putain de fil d’acier. Dehors le ton­nerre gronde, l’hôtel tremble. Tirer sur les cordes ne fait qu’entailler d’avantage la chair de ses poi­gnets. L’odeur du sang frais attire les can­cre­lats, alors que le pla­fond arrive à toute vitesse pour l’embrasser.

Le ton­nerre s’acharne, enva­hit l’espace et le temps. L’hôtel fris­sonne, tremble et se débar­rasse de sa vieille peau pous­sié­reuse. Il hésite, vacille et s’écroule comme un vieux châ­teau de carte. Pous­sières de des­tins sous les rayons de soleil qu’une nuée de bull­do­zers et camions emporte loin d’une auto­route ultra-moderne.

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Clown

un clown triste sur un mur

Wee­ping clown par cesarastudillo

Faut–il tou­jours que le clown soit triste ?

Est-il naturellement triste pour mieux faire rire ou fait-il rire pour mieux mas­quer sa mélan­co­lie ?

Un clown joyeux fait-il rire autant que le clown triste ?

Devient–on clown pour ne plus être triste ?

Triste clown

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Choi­sir

bal­lon de foot contre balle de ten­nis
tapis rou­lant ou esca­lier méca­nique
l’après contre l’avant
jouir et mou­rir
chasse à cours ou chasse à l’homme
gagner ou tri­cher
main aux fesses ou main au col­let
jetons ou che­mise
mini jupe ou maxi nue
le sexe ou l’amour
fric ou flic
or ou pla­tine
dan­ser ou bai­ser
vieux ou jeune
homme ou femme
deux ou trois
quatre ou cinq
essence ou die­sel
main dans la main ou dans sa culotte
couple ou ménage à trois
mort ou vif
la tienne ou la sienne
chez toi ou chez moi
blanc ou noire
devant et der­rière
des­sus des­sous
des­sous des­sus
pipe ou cun­ni­lin­gus
bou­ton ou glis­sière
avec ou sans

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